Le mot de la semaine : Investissement socialement responsable

Le développement durable et la finance responsable sont deux sujets au cœur de l’actualité. Pourtant, ils coexistent déjà depuis plusieurs décennies  à travers l’investissement socialement responsable (ISR). Avant d’aller plus loin, il semble nécessaire de définir le terme de « socialement responsable ». La responsabilité sociale est l’impact d’une décision, ici un investissement, sur la société. Elle prend en compte des questions éthiques (de gouvernance), sociales et environnementales. Réaliser un investissement directement ou indirectement préjudiciable à ces 3 composantes n’est donc pas une action socialement responsable.

Définition

L’’Association française de la gestion financière propose cette définition de l’ISR : « Application des principes du développement durable à l’investissement. Approche consistant à prendre systématiquement en compte les trois dimensions que sont l’environnement, le social/sociétal et la gouvernance (ESG) en sus des critères financiers usuels. Les modalités de mise en œuvre peuvent revêtir des formes multiples fondées sur la sélection positive, l’exclusion ou les deux à la fois, le tout intégrant, le cas échéant, le dialogue avec les émetteurs » Il s’agit donc de produits d’épargne ou d’investissement ; de mécanismes de soutien financier qui prennent en compte, dans leur conception, les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance des sociétés auxquelles ils sont liés. Ils ne négligent pas pour autant les objectifs de rentabilité et de gestion des risques financiers.

Historique

Les prémices de l’ISR remontent au XVIIIe siècle où des mouvements religieux engagés contre l’esclavage refusaient de s’impliquer dans certaines entreprises liées à la culture du coton ou interdisaient plus largement l’investissement dans des sociétés d’armes, d’alcool ou de tabac. Le premier ISR moderne a été initié par deux pasteurs, en 1971, avec le Pax World Found permettant d’investir dans les entreprises non-liées à l’armement. En Europe, des initiatives comme le fonds commun de placement de partage Faim et développement lancé en 1983 ont également marqué l’émergence de l’investissement socialement responsable. L’exclusion des secteurs précédemment cités ainsi que d’autres tels que la pornographie ou le jeu ont accompagné le développement de l’ISR pour se tourner d’avantage vers des entreprises favorisant notamment les pays en développement. Depuis le 27 avril 2006, les Principes pour l’Investissement Responsable sont désormais consacrés par les Nations unies et marquent la reconnaissance de l’ISR au niveau mondial.

Les approches de l’investissement socialement responsable

On dénombre 4 grandes approches de l’ISR :

  • La sélection ESG consiste à sélectionner les entreprises répondant au mieux aux critères sociétaux, écologiques et de gouvernance.
  • L’approche dite « exclusive » est la méthode originelle des fonds ISR. Elle consiste à exclure les entreprises ou secteurs qui ne respectent pas les normes ou conventions internationales. Cette méthode d’exclusion reste largement pratiquée dans les pays anglo-saxons.
  •  Les fonds qui n’incluent que des entreprises agissant dans un secteur donné ou favorisant certaines pratiques. On parle d’approche thématique.
  • l’engagement actionnarial ou activisme actionnarial consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte.

2 commentaires

  1. […] Conseil patrimonial Le mot de la semaine   préc […]

  2. […] regard des préoccupations environnementales actuelles liées notamment à l’investissement socialement responsable, un audit environnemental est de plus en plus souvent instauré dans le processus de diligence […]

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